Samedi 30 avril : sortie avec Ludor «enfant-fou» (résidence au Carré Magique, Lannion).

Publié le par Ludor Citrik

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 Les expériences de jeudi et vendredi nous ont fait souhaiter sortir et confronter Ludor, un être qui n’a pas complètement assimilé les normes, au monde social, au cadre urbain, accompagné d’un tuteur plus ou moins normatif. L’intérêt était de poursuivre la recherche sur l’apprentissage et la vie, le contact avec les autres d’un être hors-normes dans un cadre dont les conventions n’étaient pas celles que nous pouvions nous donner ou considérer implicites ici au théâtre. Notre programme de la journée : aller acheter des maillots de bain, aller déjeuner au restaurant, aller à la piscine, manger une glace, se promener en ville. J’étais le tuteur, effectivement normatif mais pas très inquiet. N’ayant pas défini exactement qui j’étais ni qui j’accompagnais, Ludor était parfois un ou mon enfant, ou un adulte que j’accompagnais. Ludor comme moi avions un rapport plutôt doux aux autres, et l’un à l’autre, et les gens que nous avons croisé nous l’ont bien rendu, tout en nous scrutant, en étant bienveillants. Le rapport entre la pression normative et cette petite échappée d’idiotie n’a pas été violent. Comme lors de nos autres sorties de travail, nous n’avons pas eu à nous justifier ou à nous présenter. Après la piscine, touché par un profond bien-être, Ludor avait repris une forme plus quotidienne et l’expérience s’est arrêtée là. Nous nous sommes dit que nous pourrions recommencer ainsi, et tenter, peut-être en s’appuyant sur des bienveillances rencontrées, un peu comme dans le théâtre invisible de Boal ou dans « Les idiots » de Von Trier, des situations dramatiques plus intenses émotionnellement, décidées par avance, comme une réprimande et punition en public.

Côme Delain

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